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Pour comprendre en quoi consiste la politique de l’eau mise en œuvre en
Adour-Garonne.


« Un état, a dit Napoléon, applique la politique que lui dicte sa géographie ». Certes, le bassin Adour-Garonne n’est ni un état, ni un pays. Il représente cependant une entité territoriale dotée d’un parlement, le Comité de Bassin, et d’un organe exécutif, l’Agence de l’Eau. Le premier décide de la politique de l’eau au niveau du territoire. Le second est chargé de la mettre en application. Or cette politique, comme l’avait bien compris Napoléon, dépend étroitement de la géographie. Pour la comprendre et bien l’appréhender, il parait donc nécessaire au préalable de dresser un panorama précis des particularités géographiques du Bassin Adour-Garonne.
1 Centre National de la Recherche Scientifique
LA POLITIQUE DE L'EAU
Mais auparavant, une petite mise au point s’avère sans nul doute nécessaire. Car cette expression de
« politique de l’eau », si elle est bien comprise par les spécialistes, demeure pour le moins obscure aux yeux du profane. Tout comme le sont les rôles respectifs du comité de bassin et de l’agence de l’eau. Tout d’abord, il faut savoir que cette fameuse « politique de l’eau » se déploie dans un cadre précis, dont le contour général a été fixé par la grande loi sur l’eau de 1964. Même si celui-ci a été actualisé par la loi de 1992 et la loi de 2006, les principes fondateurs, instaurés en 1964, demeurent inchangés.

Ces principes sont au nombre de deux : « Pollueur-payeur » et « solidarité des usagers ». Autrement dit, celui qui pollue paye et celui qui dépollue est aidé. La redevance à laquelle est assujetti le pollueur est collectée puis redistribuée pour inciter à agir ceux qui ont la volonté de moins polluer. La politique de l’eau ne consiste donc pas à réaliser des travaux ou à entreprendre des actions pour réduire les pollutions et restaurer les milieux aquatiques, mais à inciter ceux qui polluent à le faire. C’est-à-dire à peu près tout le monde. Les industriels qui utilisent de grandes quantités d’eau et rejettent des eaux chargées de polluants. Les communes qui sont responsables de notre alimentation en eau potable et qui doivent aussi traiter les eaux usées que nous rejetons. Les agriculteurs, dont les activités et les pratiques peuvent être source de pollution. Sans oublier, parmi cette catégorie de population, ceux qui pratiquent l’irrigation et qui, là encore, utilisent d’importantes quantités d’eau.
  LES NOUVELLES PRIORITÉS
Comme partout ailleurs en France, la politique de l’eau mise en œuvre dans le Bassin Adour-Garonne date du milieu des années 70. Cela fait donc une quarantaine d’années que le Comité de Bassin et son bras armé, l’Agence de l’Eau, interviennent pour favoriser la réduction des pollutions et des consommations qui, ne l’oublions pas, peuvent être aussi sources de déséquilibres. Avec des résultats que d’aucuns pourront toujours juger insuffisants, mais qui n’en sont pas moins réels et positifs.

Après avoir essentiellement porté sur la réduction des pollutions industrielles et urbaines et tout en poursuivant les efforts engagés, cette politique porte aujourd’hui sur de nouvelles priorités : réduction des pollutions diffuses, sauvegarde des milieux naturels, qualité de l’eau potable et ce que les spécialistes appellent « la disponibilité de la ressource » : il faut non seulement que chacun puisse disposer d’une eau de qualité mais encore faut-il qu’il y ait assez d’eau pour tout le monde!