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Berges de la Garonne
Milieux naturels
La protection des écosystèmes aquatiques, le maintien de la faune piscicole, la restauration des berges des cours d’eau, le retour des poissons migrateurs : ce que l’on appelle « la reconquête des milieux naturels » représente depuis toujours un axe majeur de la politique de l’eau menée dans le Bassin Adour-Garonne. Les efforts engagés dans ce domaine, qui ont notamment permis d’ouvrir aux poissons migrateurs quelques
2 000 kilomètres de cours d’eau et de restaurer près de 16 000 kilomètres de berges, doivent être poursuivis.

Mais en matière de protection et de restauration des milieux naturels, une nouvelle priorité est aujourd’hui à l’ordre du jour. Il s’agit des « zones humides. La loi sur l’eau de 1992 en donne la définition suivante : « terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, de façon permanente ou temporaire ». De par sa géographie, le Bassin Adour-Garonne comprend une large diversité de zones humides.

En amont des cours d’eau, sur les zones de piémont et de montagne, on trouve ainsi des tourbières et des lacs. Le long des cours d’eau, au niveau des plaines alluviales, se trouvent les prairies humides, dont les noms varient selon les régions : « barthes », le long de l’Adour, « saligues », le long du gave de Pau. Près des côtes et des estuaires, les zones humides regroupent des lagunes côtières, des marais et des estuaires.

Les zones humides n’ont pas toujours eu bonne réputation. Dans le passé, elles étaient souvent considérées
Héron
comme des zones insalubres et inexploitables. D’ailleurs, pour augmenter la surface des terres agricoles, on n’hésitait pas par exemple à assécher les marais. Victime du progrès et du développement de notre société, les zones humides étaient donc menacées. En France, au cours des trente dernières années, leur surface a été diminuée de moitié.

Mais depuis quelques années, sous la pression des ornithologues et de quelques spécialistes avertis, on a pris conscience de l’intérêt majeur que représentent les zones humides sur le plan environnemental et écologique. Elles accueillent en effet près de 30% des espèces d’oiseaux, parmi lesquels un grand nombre d’oiseaux migrateurs. Elles jouent aussi un rôle important dans les phénomènes de régulation des eaux.

Tourbière
Les tourbières, qui fonctionnent un peu comme des éponges, stockent de l’eau en période de pluie et la restituent ensuite pour alimenter les nappes et les cours d’eau. Une tourbière peut ainsi représenter un réservoir de 5000 m3 par hectare. Dans les plaines, les prairies inondables représentent des déversoirs naturels en cas de crue, qui protègent des risques d’inondations les agglomérations situées à l’aval du cours d’eau. Les marais côtiers jouent un rôle important dans la production du phytoplancton, qui représente le premier maillon de la chaîne alimentaire au niveau du littoral.

La préservation et la mise en valeur des zones humides, qui découle de la loi sur l’eau de 1992, englobe à la fois des objectifs de préservation du patrimoine naturel et d’aménagement de l’espace. Il ne s’agit pas seulement de protéger des oiseaux, mais aussi de préserver des équilibres au niveau de la régulation des eaux. Ce qui implique souvent le maintien de certaines activités traditionnelles, comme les élevages extensifs par exemple, que les seules lois du marché auraient sans nul doute condamné à disparaître.

Ainsi, les zones humides démontrent que les considérations environnementales, la protection des milieux naturels et le développement des activités humaines ne sont pas forcément incompatibles.

Les eaux souterraines
Il existe différents types de nappes souterraines. On distingue ainsi les nappes alluviales qui se trouvent à proximité des cours d’eau, les nappes karstiques que l’on rencontre dans des zones où la roche calcaire prédomine et les nappes captives, appelées aussi nappes profondes. Dans le Bassin Adour Garonne, 90% de l’alimentation en eau potable provient de nappes souterraines. La préservation de la qualité de ces ressources représente donc un enjeu majeur.

Schéma de présentation des différents types de nappes

nappe alluviale

nappe karstique

nappe profonde

En effet, on trouve dans certaines nappes alluviales des concentrations de nitrates supérieures aux seuils autorisés. C’est le cas notamment dans le nord ouest du Bassin, où un nombre important de captages d’eau potable ont dû être fermés. Quant aux nappes profondes, qui sont situées en deux couches de terrain imperméables et sont de ce fait protégées de tout risque de pollution, d’autres problèmes se posent.

Le fait de les exploiter à outrance peut provoquer des déséquilibres et en altérer la qualité, comme c’est le cas par exemple pour les nappes qui alimentent en eau potable la quasi totalité de la population de la Gironde. Cette ressource fait d’ailleurs l’objet d’un dispositif particulier : un SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) a été ainsi mis en place. Il doit permettre de définir et de mettre en place des mesures pour sauvegarder cette ressource dont dépend l’alimentation en eau potable de près de 500 000 personnes.

Enfin, les menaces qui pèsent sur les nappes karstiques, si elles sont bien réelles, demeurent encore mal évaluées. D’une manière générale, les nappes souterraines demeurent un milieu encore mal connu, contrairement au cours d’eau de surface pour lesquels des réseaux de mesure ont été mis en place depuis longtemps et qui ont fait l’objet de nombreuses études. C’est pourquoi l’une des grandes priorités de la politique de l’eau dans le Bassin Adour Garonne est le développement des réseaux de mesure et des études sur les eaux souterraines, afin de mieux appréhender les phénomènes en jeu.