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Points de repère
En France, les surfaces irriguées représentent un peu moins de 3 millions d’hectares, sur une surface agricole utile de près de 30 millions d’hectares.

L'irrigation a connu un important développement au cours des quarantes dernières années. Entre 1988 et 2000, les surfaces ées ont ainsi été multipliées environ par 2.

En France, c’est dans le Bassin Adour-Garonne que la pratique de l’irrigation est la plus développée. En 2005, l'estimation de la surface irriguée était de l'ordre de 630 000 ha1, soit le tiers total des surfaces irriguées en France. Cette pratique représente sans conteste un atout pour l’agriculture de ces régions du grand quart Sud-Ouest de la France, qui connaissent des épisodes de sécheresse récurrents.

En premier lieu, elle permet de s’affranchir des aléas climatiques et d’assurer ainsi la régularité de la production. Ainsi, les rendements de maïs non irrigués peuvent varier de 35 à 75 quintaux à l’hectare d’une année sur l’autre. Avec l’irrigation, les rendements sont à la fois plus élevés et plus réguliers. Ils varient de 85 à 102 quintaux à l’hectare.

L’irrigation paraît également indispensable pour garantir les volumes, ainsi que la qualité de la production pour les cultures de fruits et légumes. D’ailleurs, les industriels de l’agro-alimentaire, qui ont absolument besoin de sécuriser leurs approvisionnements, demandent aux agriculteurs avec lesquels ils passent des contrats de pratiquer l’irrigation.

Depuis quarante ans, le recours à l’irrigation aura ainsi permis à l’agriculture du Bassin Adour-Garonne d’évoluer, de mieux s’adapter à la demande et de développer de nouvelles productions, comme la culture du maïs. Plante d’origine tropicale, qui nécessite à la fois de la chaleur et de l’eau, le maïs représente pratiquement la moitié des surfaces irriguées en région Midi-Pyrénées. Dans certaines régions du bassin, l’irrigation a même contribué au maintien d’une activité agricole sur le territoire.

Quelles conséquences pour les milieux aquatiques
L’irrigation exige en effet une forte mobilisation de la ressource en eau. Il faut en moyenne 2000 m3 d’eau pour faire pousser 1 hectare de maïs. Sur le bassin Adour-Garonne l’agriculture devient ainsi le plus gros consommateur d’eau pendant les périodes d’été. Entre les mois de mai et de septembre, elle représente 80% des volumes d’eau prélevées sur les milieux naturels.

Or plus de 90% de ces prélèvements s’effectuent en eaux superficielles, dans les rivières ou dans les lacs. En outre, ils interviennent au moment où les débits des cours d’eau sont les plus faibles. L’impact d’une telle pratique relève de l’évidence : on pompe de grandes quantités d’eau dans les rivières au moment ou il y en a le moins. Ce qui contribue forcément à accentuer la baisse des niveaux et peut entraîner deux conséquences majeures :
Le faible volume d’eau représente un danger réel et immédiat pour la faune piscicole. En outre, moins il y a d’eau dans une rivière et plus ses capacités d’autoépuration sont réduites. Elle se trouve ainsi fragilisée face à tout nouvel apport de polluants organiques. Ainsi, c’est tout l’équilibre du milieu qui peut s’en trouver compromis.

Reste qu’on ne dispose pas d’indicateurs permettant d’apprécier ce phénomène d’accentuation de la baisse des niveaux dans toute son ampleur, qui permettrait aussi d’en évaluer avec précision toutes les conséquences. On peut néanmoins observer certaines situations extrêmes qui résultent du développement intensif de l’irrigation, comme en Poitou-Charentes, où 550 km de cours d’eau s’étaient retrouvés à sec durant l’été 19963.

On peut également évoquer d’autres conséquences liées à l’irrigation. Celle-ci exige en effet l’aménagement de grandes parcelles d’un seul tenant et contribue ainsi à la disparition des haies, des bocages et des talus. Ce qui peut accélérer les phénomènes d’érosion. La encore, si ces phénomènes peuvent être observés localement et ponctuellement, on ne dispose pas d’indicateur permettant d’en évaluer les conséquences avec précision.

Les surfaces irriguées en France4
Midi-Pyrénées et Aquitaine : les deux régions françaises où les surfaces irriguées sont les plus importantes.
Poitou-Charentes : la région dont le territoire est pour partie rattaché au Bassin Adour-Garonne qui a connu la plus forte augmentation des surfaces irriguées depuis 1988.

 Région Bassin
Hydrographique
Surfaces irriguées en 2005 (en milliers d'hectares) Augmentation ou diminution par rapport à 2000
Midi-Pyrénées Adour-Garonne 251 - 7 %
Aquitaine Adour-Garonne 280 - 2 %
Centre Loire Bretagne 288 + 32 %
Poitou-Charentes Adour-Garonne et Loire Bretagne 156 - 6 %
PACA Rhône Méditerranée Corse 112 - 3 %
Pays de Loire Loire Bretagne 140 + 6 %
Rhône-Alpes Rhône Méditerranée Corse 127 + 6 %
Languedoc Roussillon Rhône Méditerranée Corse 66 + 6 %
Alsace Rhin Meuse 60 + 9 %
Ensemble   1480 + 4,5 %

1  Source Enquête structure 2005, Agreste
2  Source IFEN
3  Source Cité des Sciences
4  Source Agreste - Enquête structure