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Pollution par les élevages
Le principal problème lié aux activités d’élevage concerne la gestion des déjections des animaux, qui se présentent le plus souvent sous la forme de lisiers ou de fumiers. Leur utilisation comme engrais organiques pour les cultures demeure, comme par le passé, une forme de recyclage de ces déchets organiques. Ceux-ci contiennent en effet de l’azote, du phosphore et de la potasse sous forme organique, dans des quantités qui varient selon les espèces animales. Une tonne de fumier de bovins contient ainsi 2 kg d’azote, 9 kg de phosphore et 2,3 kg de potassium.

Cependant, le développement des élevages intensifs a provoqué un phénomène de concentration de ces effluents d’élevage. Or ceux-ci doivent être stockés avant d’être épandus sur les terres, pendant les périodes autorisées. La concentration, en un même point et sans précaution suffisante d’importants volumes de déjections d’élevages peut ainsi être à l’origine d’infiltrations de nitrates, provenant du processus de minéralisation de l’azote organique.

D’autre part, les éleveurs doivent disposer de surfaces suffisamment étendues pour leur épandage. Quand ce n’est pas le cas, l’apport trop important de fertilisants organiques provoquera un phénomène de surfertilisation. Le surplus d’azote organique transformé en azote minéral pourra alors migrer vers les nappes souterraines et accroître les phénomènes de pollution diffuse par les nitrates.

Ces phénomènes sont sensibles dans des régions où l’élevage intensif est particulièrement développé, comme en Bretagne. Les surfaces disponibles pour les épandages y sont notoirement insuffisantes. De plus, la qualité médiocre des sols y accélère les phénomènes de pollution diffuse. Dans cette région, un tiers des eaux distribuées pour l’alimentation dépasse le seuil autorisé de 50mg/l de nitrates et les trois quarts des ressources en eau sont menacés de pollution.

Même s’il peut y exister des problèmes localisés et ponctuels, la situation en Adour Garonne est loin d’être aussi dramatique. En premier lieu, le Bassin regroupe d’importantes zones d’élevages extensifs, dans ces régions de montagne ou de piémont. Compte tenu des surfaces disponibles, ces problèmes de concentration des effluents d’élevage ne se posent pas. D’autre part, des études récentes ont montré que d’importantes surfaces de culture étaient toujours disponibles pour l’épandage d’effluents provenant d’élevages intensifs.

Chiffres et repères
Une vache laitière rejette en moyenne 45 kg de déjections par jour. Ce qui représente une moyenne de 73 kg d’azote par an. A titre de comparaison, un humain en rejette en moyenne 5,5 kg.

Pour un élevage de 100 vaches laitières, la quantité d’azote produite sur un an s’élève donc à 7,3 tonnes. Ce qui exige une surface minimum d’épandage de l’ordre de 43 ha. Les apports de fertilisants provenant des élevages sont en effet limités à 170 kg d’azote par an. Dans certains cas, ces limites peuvent être encore plus restrictives.

Le volume quotidien des déjections d’animaux : quelques exemples
  Vache laitière 45 kg
  Bovin à viande 18 kg
  Ovin 5 kg
  Porc adulte 5,8 kg
  Poule pondeuse 0,18 kg

Le cheptel du Bassin Adour-Garonne
  Bovins 3,7 millions de têtes
  Porcins 1,4 million de têtes
  Ovins 3,9 millions de têtes
  Porcins 1 million de têtes
  Volailles 26 millions de têtes

La production d’azote résultant des déjections animales de bovins, porcins et ovins représente sur l’ensemble du Bassin Adour-Garonne un flux annuel maximal de 236 000 tonnes.