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Le spectre terrifiant du manque d’eau menace-t-il notre planète ?
A en croire la plupart des spécialistes et à parcourir tout ce qui s’écrit sur le sujet depuis quelques années, la réponse ne fait, semble-t-il, pas de doute. Hélas, il semble bien que les perspectives ne soient guère réjouissantes. Mais il y a plus grave. Selon certains, le manque d’eau pourrait bien provoquer de nouvelles tensions entre les pays, qui risqueraient aussi de dégénérer en conflits armés. En clair, les hommes pourraient être amenés à se battre entre eux pour préserver leurs ressources en eau ou tout simplement pour y avoir accès. Cependant, quelques rares voix discordantes s’élèvent pour contredire cette perspective cauchemardesque et cette « chronique d’une catastrophe annoncée ». Alors qu’en est-il vraiment ?

DES CHIFFRES QUI FONT PEUR
Pour bien comprendre les problèmes que soulève la situation mondiale de l’eau, il faut d’abord prendre en considération toute une série de chiffres qui, il faut le reconnaître, donnent comme une sensation de vertige : l’accroissement de la population mondiale au cours du 20ème siècle, son augmentation prévue dans les 20 ans à venir, le volume d’eau douce disponible à l’échelle du globe, l’inégale répartition de la ressource sur la planète, l’augmentation exponentielle des volumes consommés, le poids toujours croissant de l’irrigation, les perspectives d’épuisement des grandes ressources d’eau souterraine, le nombre de personnes dont la situation frôle d’ores et déjà la pénurie!
A priori, tous ces chiffres ont de quoi nous faire frissonner. Ils révèlent l’image d’une planète bleue au bord de l’épuisement et de l’asphyxie, qui pourrait bien s’avérer incapable de fournir aux hommes toute cette eau dont ils ont absolument besoin. Reste que comme tous les chiffres, ceux-ci doivent être manipulés avec précaution. Pour certains spécialistes, ils démontrent que les problèmes d’eau qui se posent au niveau mondial relèvent avant tout des inégalités sociales et des difficultés techniques plutôt que d’un risque d’épuisement de la ressource naturelle.

« L'OR BLEU »
Hier on parlait de l’or noir au sujet du pétrole, pour bien montrer l’importance décisive de cette ressource. Désormais, il est aussi question de « l’or bleu », pour désigner cette eau qui pourrait bien devenir une denrée rare et forcément convoitée. Cette convoitise ira-t-elle jusqu’à pousser les hommes à des comportements extrêmes. Après la guerre du pétrole, y aura-t-il la guerre de l’eau ? Là encore, la question fait débat et il paraît pour le moins délicat d’y apporter une réponse définitive.
Mais la perspective d’une situation de pénurie et les cris d’alarmes des spécialistes auront eu au moins un effet bénéfique : notre regard sur l’eau est en train de changer. Elle redevient cet élément auquel nous devons tout et que nous devons absolument respecter. L’eau retrouve ainsi ce caractère un peu sacré qu’elle avait par le passé, quand chaque source était habitée par un dieu ou protégée par un saint. Et c’est peut-être ce nouveau regard qui nous sauvera aussi de la catastrophe.