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Le paradoxe du verre d’eau : l’inquiétude sur la qualité de l’eau potable est-elle vraiment justifiée ?
Dans un article paru en 2001, Bernard Barraqué, Directeur de recherche au CNRS[1] et spécialiste reconnu dans le domaine de l’eau, s’étonnait avec une pointe d’agacement teintée d’humour de ce qu’il appelait le "paradoxe du verre d’eau". Il constatait en effet que la qualité de l’eau du robinet était devenu un sujet d’inquiétude majeur pour les français, alors qu’elle n’avait pas cessé de s’améliorer depuis des décennies dans les pays développés, parmi lesquels bien entendu la France.
1 Centre National de la Recherche Scientifique
30 MILLIONS DE FRANÇAIS PRIVÉS D’EAU POTABLE
Nos angoisses et nos peurs quant aux menaces invisibles et sournoises qui se cacheraient derrière la transparence et la clarté d’un verre d’eau relèveraient-elles d’un pur fantasme ? Chiffres et exemples à l’appui, le chercheur du CNRS n’est pas loin de le penser. Mise au banc des accusés pour diffusion de rumeurs injustifiées : une lecture trop hâtive des statistiques faite par une presse toujours trop pressée de sonner l’alarme. « 30 millions de français reçoivent au robinet une eau non potable ! »
Faux rétorque le chercheur. Car une telle information laisse trop facilement à penser que près de la moitié des français court un grave danger chaque fois qu'ils boivent l'eau de leur robinet. En fait ce chiffre de 30 millions n'est obtenu qu'en additionnant toutes les populations pour lesquelles l'eau du robinet n'a pas respecté les normes de potabilité à un moment donné, moment qui peut parfois ne durer que quelques heures ! Et comme l'a dis Bernard Barraqué "sur un million d'analyses pratiquées par an, 99,2% sont bonnes"
  L’EAU QUE BUVAIENT NOS GRANDS PARENTS ÉTAIT-ELLE POTABLE ?
Sans compter que les normes qui aujourd’hui déterminent ce qu’est l’eau potable sont autrement plus draconiennes que par le passé. Aujourd’hui, une eau destinée à la consommation doit en effet respecter des exigences de qualité respectant des seuils pour 60 paramètres pour être considérée comme potable. Il n’y en avait que 6 au début du siècle précédent. A l’évidence, nos arrières-grands-parents ont certainement bu une eau qui ne serait sans doute pas considérée comme potable aujourd’hui. Faut-il pour autant balayer d’un revers de main tous les problèmes et considérer qu’en matière d’eau, « tout va très bien Madame la Marquise !».
Certes non. Mais si problèmes il y a, encore faut-il faire l’effort de les énoncer clairement, d’éviter les amalgames, ainsi que les raccourcis quelque peu hâtifs qui déforment plutôt qu’ils n’informent. Car en matière d’environnement, rien n’est jamais simple. Méfions-nous donc des idées reçues provoquées et entretenues par des informations qui n’ont trop souvent de scientifique que l’apparence. On ne saurait nier les problèmes qui subsistent dans le domaine de l’eau. Mais pour ce qui concerne la qualité de l’eau potable, sachons aussi faire la part de ce qui relève du fantasme.