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En France, 70% de l’eau potable que nous consommons provient de nappes souterraines. Dans le Bassin Adour-Garonne, ce chiffre est de 90%. L’eau n’est pas la même partout et présente chaque fois des caractéristiques qui varient en fonction du lieu où elle est prélevée. Celles-ci dépendent bien évidemment de la nature des sols et des activités humaines implantées à proximité des points de prélèvement.

L’eau captée à une source de montagne n’aura bien évidemment pas la même qualité que celle prélevée dans la Garonne juste en aval de Toulouse. Les traitements mis en place pour fabriquer de l’eau potable ne seront donc pas les mêmes. Dans certains villages de montagne, l’eau fait simplement l’objet d’un traitement par chloration, destiné à éliminer les germes pathogènes. Souvent même, elle est distribuée sans aucun traitement préalable.

Ailleurs, notamment pour les eaux prélevées en rivières, qui sont moins protégées de la pollution que les nappes souterraines ou que les sources de montagne, les traitements consistent à éliminer par étapes les substances et les matières contenues dans l’eau, depuis les plus grosses jusqu’aux plus petites. On commence ainsi par enlever les feuilles mortes et les plus grosses particules solides en suspension. On finit, à la dernière étape, en éliminant les bactéries et les germes pathogènes.


Schéma du procédé de traitement

Dégrillage Tamisage Clarification
Dégrillage – tamisage
Il consiste à faire passer l’eau au travers d’une grille ou d’un tamis qui retiennent les gros éléments solides (feuilles mortes, branchages, bouteilles plastiques, cadavres d’animaux….)

La floculation-clarification
Après le dégrillage tamisage, il reste de petites particules solides en suspension dans l’eau. Pour les éliminer on utilise un réactif chimique qui crée un phénomène de floculation. Les particules s’agglomèrent entre elles pour former des flocons. Puis on laisse décanter le milieu et, par gravité, les flocons vont peu à peu tomber au fond.

Filtration Désinfection
La filtration
Après ces opérations, l’eau reste encore chargée de particules microscopiques. Pour les éliminer, on procède par filtration. Le filtre est le plus souvent constitué de sables. On y ajoute de plus en plus aujourd’hui une filtration par charbon actif, qui permet de capter les micropolluants provenant des insecticides et d’améliorer le goût de l’eau. Cette opération n’est pas nécessaire pour les eaux souterraines prélevées à de grandes profondeurs.. Elles ont déjà été filtrées par les différentes couches de terrain qu’elles ont traversées.

La désinfection
Ultime étape de la fabrication de l’eau potable, la désinfection est indispensable pour éliminer les bactéries et autres germes pathogènes. Le procédé le plus largement répandu est la chloration. Mais l’ajout de chlore, qui est très efficace, peut aussi altérer le goût de l’eau. On a donc recours aussi à l’ozonation. Puissant oxydant dont la molécule est constituée de 3 atomes d’oxygène, l’ozone détruit les bactéries, ainsi que les micropolluants.

Ultrafiltration et nanofiltration : des procédés d’avenir
Pour rendre l’eau potable, le principe consiste à séparer cette eau des éléments indésirables qu’elle contient. Les traitements actuels associent procédés chimiques, comme la floculation par exemple, et des procédés physiques comme la filtration.

Aujourd’hui se développent de nouvelles techniques, basées uniquement sur des procédés physiques de filtration. Aucun additif chimique n’est donc utilisé pour éliminer les polluants. Le principe consiste à faire passer l’eau à traiter au travers d’une membrane, constituée de milliers de fibres, dont les parois sont percées de pores microscopiques. Pour l’ultrafiltration, leur diamètre est de 0,01 micromètre. Il est de 0,001 micromètre pour la nanofiltration.

Très fiables, ces procédés permettent de traiter une eau très polluée et de produire éconstante. Au départ peu intégré dans les procédés de traitement en raison de son coût, le procédé de nanofiltration s'est peu à peu développé pour aujourd'hui être utilisée dans plusieurs dizaines d'usines en France.