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Principal constituant de notre corps, l’eau a forcément des effets directs sur notre santé. Pour le meilleur, mais aussi parfois, pour le pire!
Un homme peut survivre plusieurs semaines sans manger. Privé d’eau, il est condamné au bout de deux jours seulement. Elément vital au même titre que l’air que nous respirons, l’eau nous est donc indispensable. D’elle dépend notre survie quotidienne. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que l’eau représente le principal constituant de toute matière vivante. Le corps d’un adulte est fait de 60% d’eau. Et la teneur en eau des végétaux varie de 80 à 95% du total de leur poids.

C’est aussi dans l’eau que nous consommons que notre corps puise une partie des sels minéraux et des oligo-éléments qui interviennent dans le métabolisme et le bon fonctionnement de notre corps. A ce titre, l’eau contribue directement à notre bien-être et à notre santé. Les vertus thérapeutiques de certaines eaux minéralisées sont ainsi connues depuis la plus haute Antiquité. Mais il aura fallu attendre le 19e siècle pour comprendre, avec Pasteur, que l’eau pouvait aussi transmettre des maladies, dont certaines pouvaient être mortelles.

ALLIÉE OU ENNEMIE
Notre rapport à l’eau semble ainsi marqué par une certaine forme de duplicité. Elle peut être notre meilleure alliée, quand nous lui demandons de nous apporter ces sels minéraux dont notre corps est si friand. Elle l’est encore quand nous attendons d’elle qu’elle guérisse certaines affections chroniques qui résistent aux traitements classiques. Elle l’est bien évidemment quand nous la buvons, tout simplement pour étancher notre soif. Elle l’est encore quand nous l’utilisons pour assurer la propreté et l’hygiène de notre corps.

Mais l’eau peut être aussi notre pire ennemie. Malaria, paludisme, choléra, typhoïdes, polio, diarrhées, bilharziose : les maladies liées à l’eau font toujours des ravages à travers le monde et tuent chaque année plus de personnes que les guerres. Ces phénomènes ont pratiquement disparu des pays développés et touchent principalement les pays les plus défavorisés, où l’accès à l’eau potable demeure problématique. Mais il y a à peine plus d’un siècle, on pouvait aussi mourir à cause de l’eau dans notre pays. La grande épidémie de choléra qui ravagea Paris en 1854 fit plus de 11 000 morts. Une dernière épidémie toucha Marseille 30 ans plus tard, en 1884.

Ces événements dramatiques sont aujourd’hui tombés dans l’oubli. Mais ils n’ont peut-être pas totalement disparu de notre mémoire collective. Car une certaine méfiance à l’égard de l’eau demeure. L’eau potable qui coule aujourd’hui de nos robinets est, de l’avis de tous ceux qui se sont sérieusement penchés sur la question, de bien meilleure qualité que par le passé. Pourtant, de plus en plus de français s’en détournent et préfèrent boire des eaux minérales ou des eaux de source.

Comme le montre le succès des eaux minérales et la fréquentation des cures thermales, notre rapport à l’eau reste ainsi marqué par la duplicité. Elle demeure une source de bien-être et de santé. Mais en même temps, on se méfie de cette eau « publique » qui dessert nos habitations et qui est disponible à toute heure du jour et de la nuit. On craint la présence de nitrates. On s’angoisse sur les pesticides. On la soupçonne d’être porteuse, non plus de germes ou autres microbes, mais de poisons dont les effets ne seraient pas immédiats mais pourraient bien se faire sentir dans le temps.