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Boire de l’eau, c’est indispensable.
L’eau est le principal constituant du corps humain. La teneur en eau, qui est de 75% chez le nourrisson, diminue avec l’âge. Elle est de 60% pour un adulte et passe à 55% pour les personnes âgées. Sa concentration varie en fonction des organes. Les os ne contiennent que 22,5% d’eau. Ce sont le plasma sanguin, les reins et le cerveau qui en contiennent les plus fortes proportions (80%)

En transpirant nous éliminons de l'eau
L’eau joue donc un rôle considérable dans le fonctionnement de notre corps. Elle intervient dans la régulation thermique et aide au maintien d’une température constante à l’intérieur du corps. Elle transporte jusqu’au cœur des cellules un certain nombre de substances qui leur sont indispensables, comme les sels minéraux par exemple. Elle participe au « nettoyage » de l’organisme en facilitant le travail des reins et l’évacuation urinaire des déchets du métabolisme. Elle participe enfin aux nombreuses réactions chimiques dont notre corps est en permanence le siège.

En urinant et en transpirant, nous éliminons chaque jour en moyenne 2,5 litres d’eau. Ces pertes hydriques doivent absolument être compensées. Les aliments que nous absorbons, laits, fruits et légumes, viandes, poissons, y pourvoient pour 1 litre environ. Nous devons donc boire environ 1,5 litres d’eau par jour. Quand notre organisme manque d’eau, il déclanche un signal d’alarme. C’est la sensation de soif. Cependant, il ne faut pas attendre d’avoir soif et d’être en état de déshydratation pour boire. Boire de manière régulière et en quantité suffisante est donc essentiel pour notre forme et notre santé.

Proportionnellement, les besoins en eau sont plus importants pour le nourrisson, dont le corps est composé de 75% d’eau. Ils le sont également pour l’adulte, en cas d’activité physique intense ou prolongée. En une heure, un sportif peut en effet perdre plus de 2,5 l d’eau. C’est pourquoi on recommande aux sportifs de boire avant, pendant et après l’effort. Privé d’eau, notre organisme risque la déshydratation. Celle-ci intervient quand les pertes en eau dépassent 4% du poids corporel, soit un peu moins de 3 litres pour un adulte de 70 kg. Jambes lourdes, essoufflement et forte sensation de fatigue sont les premiers signes de l’état de déshydratation. Celui-ci entraîne aussi des difficultés à s’exprimer et un état de torpeur, qui peut aller jusqu’à la perte de connaissance et au coma.

Les teneurs en eau des différents organes du corps humain
Cerveau 76% Muscle 75%
Poumon 78% Os 22.5%
Cœur 79% Sang 79%
Estomac 75% Peau 70%
Rein 81%

Les pertes en eau lors d'un footing à une vitesse moyenne de 12 Km/h1
5 km 0,5 à 0,7 l 10 km 0,8 à 1 l
8 km 0,6 à 0,9 l 15 km 1,1 à 1,2 l


Sels minéraux et oligo-éléments
Présents en quantités importantes dans le corps humain, dont ils représentent 4% du poids, les sels minéraux sont indispensables à notre santé. Ce sont des éléments chimiques que l’on trouve dans la nature sous forme de minéraux ou de cristaux, qui représentent des substances fondamentales pour notre métabolisme. Les oligo-éléments, du grec « oligo » qui signifie "peu", sont, quant à eux, des métaux ou des métalloïdes présents dans le corps en très faible quantité, mais de manière constante.

Chaque fois que nous éliminons de l’eau de notre organisme, notamment par la transpiration et l’urine, nous perdons aussi une partie de ces sels minéraux et de ces oligo-éléments. Notre organisme étant incapable de synthétiser ces différentes substances, nous devons donc compenser ces pertes par l’alimentation et la boisson. Or, contrairement aux idées reçues, l’eau du robinet constitue une source non négligeable de sels minéraux et d’oligo-éléments.

En effet, dans son parcours naturel, l’eau se charge en sels minéraux et en oligo-éléments au contact des roches et du sol. Selon les régions, l’eau présente des teneurs différentes pour ces différents composants. Elle sera riche en calcium dans les régions calcaires, mais très pauvre dans les régions granitiques. Elle peut être aussi très ferrugineuse dans certaines régions. Les teneurs en sels minéraux et en oligo-éléments de l’eau potable sont définies par la réglementation (Dossier Eau potable).

Ainsi, une eau riche en calcium contribue à assurer une partie de nos besoins, qui sont de l’ordre de 800 à 1000 mg par jour. Les laitages constituent la source majeure de calcium, mais l’eau de boisson, en particulier si elle est calcaire, permet aussi des apports complémentaires souvent indispensables.

Les sels minéraux : le sodium (sel), le potassium, le calcium, le fer, le magnésium et le phosphore
Les oligo-éléments : l’iode, le cuivre, le fluor, le chlore, le zinc, le cobalt, le sélénium et le manganèse.

Sel : substance dont l’unité de base est constituée par l’association de deux ions de charges opposées : le plus connu est le sel de table, dont l’unité de base est formée de l’association d’un ion sodium positif (Na+) et d’un ion chlorure négatif (Cl-)2

Composition de la sueur (en mg par litre)

Sodium 1 200
Potassium 300
Calcium 160
Magnésium 36
Zinc 1,2
Fer 1,2
Manganèse 0,06

Les sels minéraux dans l’organisme 3

Le calcium : c’est l’un des constituants majeurs de l’os. Il joue aussi un rôle important dans la coagulation du sang, la contraction musculaire et le fonctionnement du muscle cardiaque.
Le phosphore : associé au calcium, il est indispensable à la constitution des tissus osseux. Il intervient également dans l’absorption et la transformation de certains nutriments.
Le sodium : c’est l’élément minéral le plus important des liquides du corps humain. Il partcipe à l’équilibre du « milieu intérieur » et joue un rôle important dans la régulation de la pression artérielle.
Le potassium : il intervient dans l’activité musculaire en général. Une carence en potassium peut entraîner des crampes et des effets nocifs sur le cœur.
Le magnésium : il est impliqué dans de nombreux phénomènes biologiques au niveau de la cellule. Une carence en magnésium se traduit par des faiblesses musculaires, des crampes et des crises de tétanie.
Le fer : Il représente l’un des principaux constituant des globules rouges. Une carence en fer peut être source d’anémie. Mais un excès peut aussi être dangereux pour le cœur.


La déesse Hygie
L’eau, élément de base de l’hygiène
C’est la déesse « Hygie » qui est à l’origine du terme d’"hygiène". Fille d’Esculape, dieu de la médecine chez les grecs, « Hygie » enseigne aux mortels les manières les plus saines de conduire leur vie. Comme le montre l’étymologie, l’hygiène et la prévention en matière de santé sont directement liées.

Se laver régulièrement le corps et les mains avec une eau non souillée est un acte fondamental d’hygiène qui protège des maladies d’origines bactériennes et microbiennes et permet d’enrayer leur propagation. Cependant, notre rapport à l’eau et à l’hygiène du corps a beaucoup évolué avec l’Histoire. La fréquentation des thermes et la pratique des bains étaient très répandue dans l’Antiquité grecque et romaine. Au Moyen Age, on fréquente les « étuves ». En fait, c’est pendant la Renaissance que les bains et l’hygiène corporelle vont pratiquement disparaître. Plutôt que d’éliminer la saleté, on pratique alors « la toilette sèche », en enduisant le corps de parfums et de poudres pour camoufler les mauvaises odeurs. Il faudra attendre la deuxième moitié du 19ème siècle pour que, sous l’influence des médecins et des hygiénistes, les comportements changent et que l’hygiène corporelle associée à une eau de qualité redevienne une pratique de plus en plus répandue. En 1850, un français ne prenait en moyenne qu’un bain tous les deux ans.

La révolution pasteurienne, avec la découverte des microbes et des germes dans la transmission des maladies infectieuses, ainsi que de l'influence de l’eau comme vecteur de propagation, aura joué sans nul doute un rôle fondamental dans le développement de l’hygiène publique. En effet, on comprend alors que pour prévenir certaines maladies, il faut traiter l’eau pour la rendre potable et permettre aux populations de pouvoir l’utiliser facilement, en développant les réseaux de distribution. En 1883, Jules Ferry supprime la leçon de catéchisme et instaure la leçon d’hygiène et chaque matin, l’instituteur effectue la « visite de propreté ».

Mais ce n’est vraiment que dans la seconde moitié du 20ème siècle, avec le développement de l’eau courante et des installations sanitaires dans chaque habitation, que l’hygiène corporelle s’est imposée à tous comme une pratique quotidienne. Aujourd’hui, plus de 4 logements sur 5 disposent d’une douche ou d’une baignoire. Cependant, une étude récente de l’INPS (Institut National de Prévention et d’Education à la Santé) montre que moins de la moitié des français font une toilette complète chaque jour4. Le lavage des mains avant le repas ou en sortant des toilettes demeure un geste encore trop souvent négligé. En effet, des études récentes ont confirmé le rôle d’une mauvaise hygiène dans la transmission de certaines maladies microbiennes ou virales.

Dans notre pays, où chacun a accès à toute heure du jour et de la nuit à une eau saine, l’hygiène exige donc toujours un minimum d’effort et de vigilance. Mais il ne faut pas perdre de vue que dans le monde, plus d’une personne sur 5 ne dispose pas d’eau potable et ne peut donc pas respecter les règles les plus élémentaires d’hygiène. Avec des conséquences dramatiques. Les maladies dues à une mauvaise qualité de l’eau entraînent en effet chaque année plus de morts que les guerres dans le monde.


1 Nutrisite.free.fr
2 www.cnrs.fr
3 www.pratique.fr/sante
4 www.cieau.com