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Un drame à l’échelle de la planète
Chaque année, les maladies liées à l’eau font plus de 5 millions de morts à travers le monde. On estime que plus de 2,3 milliards de personnes souffrent de maladies dues à la mauvaise qualité de l’eau. Certaines, parmi ces maladies, pourraient être évitées si l’eau était traitée avant d’être utilisée. Il s’agit en premier lieu des « maladies hydriques » qui sont provoquées par de l’eau contaminée par des déchets humains, animaux ou chimiques. Elles comprennent entre autres le choléra, la typhoïde, la polio, la méningite, l’hépatite A et E, et la diarrhée.

Chaque jour, 6000 personnes meurent dans le monde à cause de maladies diarrhéiques. En 2001, on a ainsi dénombré près de 2 millions de morts, dont plus de la moitié sont des enfants. Ces maladies ont ainsi tué plus d’enfants au cours des 10 dernières années que tous les conflits armés depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Pourtant, avec de simples mesures d’hygiène, la plupart de ces morts pourrait être évitée. L’accès à une eau potable saine et de qualité et le développement des réseaux d’assainissement demeurent ainsi le grand défi à venir pour ces populations victimes des maladies hydriques.

Les maladies d’origine aquatique représentent un second groupe de maladies qui sont transmises par des organismes aquatiques qui passe une partie de leur vie dans l’eau et une autre en tant que parasite. Ces maladies sont causées par toute une variété de vers. Ces vers infectent les organismes humains et, sans forcément être mortels, diminuent fortement les capacités physiques. La plus connue de ces maladies est la schistosomiase, appelée aussi bilharziasis. On estime que près de 200 millions de personnes sont infectées par le ver qui est à l’origine de la schistosomiase, parmi lesquelles 20 millions souffrent de séquelles sérieuses. Cette maladie est présente dans 74 pays.

L'anophèle qui transmet la malaria
On distingue enfin un troisième groupe de maladies, véhiculées par les moustiques et les mouches tsé-tsé qui infestent certaines zones aquatiques. Parmi ces maladies, on trouve la fièvre jaune, la fièvre dengue, la maladie du sommeil, la filariose et la malaria. Cette dernière provoque à elle seule, chaque année, plus de 1 million de décès et cause 300 millions de cas de maladies aiguës. 90% des victimes qui décèdent de la malaria se situent dans l’Afrique sub-saharienne.


Plomb, nitrates et pesticides
Dans nos pays développés, où l’eau potable fait l’objet d’une réglementation précise et de contrôles fréquents, les principales inquiétudes portent sur la présence de plomb, de nitrates et de pesticides dans l’eau qui coule de nos robinets.

Selon les spécialistes, ces inquiétudes ne sont pas forcément justifiées. Pour Bernard Barraqué, chercheur au CNRS, les risques liés au plomb sont insignifiants. Seulement 1% des personnes dont la distribution d'eau est assurée par des tuyaux en plomb y sont exposées. De récents travaux menés par l’INSERM montrent que le taux de plomb dans le sang des personnes qui y sont le plus exposées ne dépasse pas 100 à 200 µg/l alors que le risque de saturnisme n’apparaît que quand ce taux atteint 800 µg/l.

Concernant les nitrates, si le risque est avéré pour les nourrissons, il implique aussi de mauvaises conditions d’hygiène, notamment dans la préparation des biberons. Pour les adultes, ce risque demeure difficile à évaluer et les normes actuelles, qui fixent le seuils de concentration des nitrates à 50 mg/l représente une application raisonnable du principe de précaution.

Enfin, concernant les pesticides, la réglementation fixe à 0 ,1 µg/l pour chaque type de pesticide identifié et à 0,5 µg/l la concentration totale des pesticides. Il paraît difficile de lever les inquiétudes provoquées par la présence de pesticides dans l’eau du robinet dans la mesure où nos connaissances sur le sujet demeurent limitées. Mais rappelons que cette réglementation est bien plus sévère que les recommandations formulées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et qu’à ce jour, on n’a pas détecté de cas d’intoxication chronique ou de maladies provoquées par la présence de ces matières dangereuses dans l’eau de nos robinets.