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Incontestablement, la qualité des cours d’eau s’est nettement améliorée ces 45 dernière années. Mais tous les problèmes sont loin d’être résolus.
Depuis 1974, le nombre de points de mesure implantés tout au long des cours d’eau du Bassin Adour-Garonne qui sont conformes aux objectifs de qualité est en augmentation constante. Même si on note un léger fléchissement de la courbe depuis 1999, le constat s’impose. La qualité des cours d’eau s’est nettement améliorée ces 45 dernières années. Bien entendu, le phénomène ne peut que surprendre tous ceux qui, n’étant pas des spécialistes, n’entendent parler de pollution qu’au travers des discours médiatiques toujours alarmants. Il peut néanmoins s’expliquer aisément.
PETIT RETOUR EN ARRIÈRE
En quarante ans, les volumes de pollution rejetés en rivière ont en effet considérablement diminué. Concernant la pollution domestique par exemple, c’est-à-dire celle que nous générons dans notre vie de tous les jours chaque fois que nous prenons un bain ou que nous faisons tourner le lave vaisselle, ces rejets bruts ont même été réduits de plus de motié. La raison en est toute simple. En 1975, il n’existait sur le Bassin Adour-Garonne que 745 stations d’épuration traitant les rejets domestiques. Aujourd’hui, il en existe plus de 2 500. Des villes moyennes de 10 à 50 000 habitants qui, jusque dans les années 80, rejetaient les eaux usées directement dans un cours d’eau sont aujourd’hui équipées pour traiter leurs rejets. Même constat pour les pollutions industrielles. Les usines se sont elles aussi équipées de stations d’épuration. Les volumes de pollution toxique ont ainsi diminué de 23% entre 1975 et 1990, de 53% entre 1990 et 1998, et de 25% entre 1998 et 2005.


courbe des pollutions

Cette courbe illustre l’évolution de la qualité des cours d’eau dans le Bassin Adour-Garonne. En ordonnées, est indiqué le nombre de points de mesure conformes aux objectifs de qualité. Les années sont indiquées en abscisse. Le Bassin Adour-Garonne compte 284 points de mesure.
REJETS DIFFUS : TOUT RESTE À FAIRE
Si le bilan est positif, il doit néanmoins être nuancé. Car si les pollutions des villes et des grandes usines ont diminué, d’autres formes de pollution demeurent qui menacent les cours d’eau. Elles proviennent de ce l’on appelle justement « les rejets diffus », pour mieux les distinguer des rejets concentrés. Lesquels peuvent être collectés par des réseaux d’assainissement et être ainsi amenés jusqu’à une unité de traitement.

Par définition, les sources de pollution diffuse sont innombrables. Elles concernent une multitude d’activités, au premier rang desquelles l’agriculture, pour cause d’utilisation d’engrais et de pesticides. Autres sources de pollution diffuse, les petites industries, les activités artisanales ou encore les ruissellements des eaux pluviales qui lessivent les routes et se chargent de particules d’hydrocarbure. Même le jardinier du dimanche qui traite ses rosiers ou qui ajoute de l’engrais à sa pelouse pour la rendre plus verte est responsable de cette pollution diffuse !

La lutte contre cette forme de pollution constitue aujourd'hui une priorité pour le bassin Adour-Garonne. Mais si le traitement des rejets concentrés n’est finalement qu’un problème technique puisqu’il suffit d’installer une station d’épuration, la réduction des rejets diffus implique avant tout de profonds changements de comportements et d’habitudes. Ce qui, on le sait, est autrement plus difficile que de construire une usine d’épuration.