Accueil > Dossier Pollution > Qu'est-ce que la pollution ?
Les gaz rejetés par le volcan polluent l'air.
Tout le monde a l’impression de savoir ce qu’est la pollution. Pourtant, définir ce terme est loin d’être facile. On l’oppose souvent à la nature, dans le sens où la pollution consisterait à perturber un équilibre naturel. Ce qui n’est pas faux. Mais on ne peut pour autant opposer « pollution » et « nature ». Car un certain nombre de pollutions ont d’abord des causes naturelles. Ainsi, l’éruption d’un volcan qui projette dans l’atmosphère d'énormes quantités de gaz et de poussière provoque une pollution de l’air.

Très souvent aussi, on associe le terme de pollution à des phénomènes désagréables ou à des sensations déplaisantes Un tas de fumier nauséabond au bord d’une rivière représente sans nul doute une source de pollution potentielle. Mais d’autres conditions doivent être réunies pour qu’il y ait effectivement pollution. Tout dépend de la taille de ce tas de fumier, du débit du cours d’eau, de la vitesse du courant... De même, les mauvaises odeurs qui peuvent se dégager par moment d’une mare d’eau stagnante ne sont pas obligatoirement signe de pollution.

La vue et l’odorat
La pollution, ce n’est pas forcément ce qui se sent, ni ce qui se voit. La limpidité de l’eau d’un lac de montagne peut parfois cacher une forte concentration de polluants bactériologiques ou minéraux, qui ne dégagent aucune mauvaise odeur et demeurent invisibles à l’œil.
En revanche, l’eau trouble et sombre d’un fleuve qui s’écoule lentement au milieu de la plaine n’est pas forcément polluée. Au contraire, cette eau qui paraît sale peut tout simplement caractériser un milieu fortement chargé en éléments nutritifs, où s’épanouissent de nombreuses espèces.

En fait, la pollution est indissociable du milieu et de l’écosystème aquatique dans lequel elle intervient. Celui-ci se caractérise par un certain nombre de paramètres qui sont en interaction permanente. La teneur en oxygène représente par exemple un paramètre fondamental, dont dépendent bien évidemment les organismes qui y vivent, tels que les poissons, les crustacés ou les larves d’insectes. Mais une élévation subite de la température peut aussi entraîner une forte baisse de l’oxygène dissous, provoquant une mortalité massive et brutale de ces animaux. Se produit alors une réaction en chaîne et une accélération du phénomène de réduction de la concentration en oxygène. Avec bien entendu les conséquences que l’on imagine !

Rupture d’équilibre
Les truites évoluent dans les torrents.
Les organismes qui vivent dans un écosystème aquatique donné sont adaptés aux conditions de ce milieu. C’est la raison pour laquelle les truites évoluent dans l’eau rapide d’un torrent de montagne alors que les brochets ne vivent que dans les eaux calmes des cours d’eau de plaine, qui contiennent moins d’oxygène dissous que celles des torrents. Les organismes vivants forment ainsi, avec le milieu dans lequel ils évoluent, un ensemble cohérent et équilibré. Cependant, la situation n’est jamais totalement figée. Compte tenu de la multiplicité des paramètres qui le caractérisent et de la diversité des phénomènes d’interaction qui interviennent, un milieu aquatique est un système complexe en équilibre dynamique.

La pollution intervient quand cet équilibre est rompu de façon durable par l’apport d’éléments extérieurs, qui proviennent le plus souvent des activités humaines, mais qui peuvent aussi avoir une origine naturelle. Par un enchaînement de causes à effet, cette rupture d’équilibre peut alors entraîner la mortalité de certaines espèces animales ou végétales, altérer leur métabolisme ou modifier les caractéristiques physico-chimiques de l’eau jusqu’à la rendre impropre à certains usages, comme l’alimentation en eau potable par exemple.

Ces conséquences de la pollution ne sont pas exclusives les unes des autres, elles sont le plus souvent associées. Une forte concentration de polluants toxiques dans un cours d’eau peut tout à la fois décimer les espèces les plus fragiles, contaminer les plus résistantes et, sans forcément les tuer, les intoxiquer. Enfin, elle peut dans le même temps empêcher toute production d’eau potable.