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Station d'épuration
Provoquée par les rejets de déchets et de matières organiques contenues dans les eaux usées, elle constitue la plus ancienne forme de pollution des cours d’eau. Aujourd’hui, les villes sont de plus en plus équipées de stations d’épuration qui permettent de traiter cette forme de pollution. Mais ce ne fut pas toujours le cas.
Dans la deuxième moitié du 20ème siècle, l’accroissement des populations dans les centres urbains avait ainsi entraîné une importante augmentation des rejets directs dans les cours d’eau. La tendance ne s’est réellement inversée qu’à partir des années 1980/1990, décennie pendant laquelle un nombre croissant de stations d’épuration ont été construites ou réaménagées pour tenir compte de l’augmentation des populations.

Comment se crée le déséquilibre
Cette forme de pollution est facilement biodégradable et peut être éliminée naturellement par les cours d’eau. Ce phénomène d’autoépuration met en jeu les bactéries présentes dans le milieu naturel, pour lesquelles les matières organiques représentent un apport de nourriture. Cependant, le déséquilibre intervient quand celles-ci sont présentes en excès dans le milieu naturel et qu’elles dépassent les capacités d’autoépuration du cours d’eau. Le développement des bactéries, stimulé par l’apport massif de matières organiques, entraîne alors une baisse de la concentration d’oxygène. En effet, plus elles sont nombreuses et plus les bactéries consomment l’oxygène dissous dans l’eau. Les poissons en sont les principales victimes. Ce type de phénomène peut même provoquer une mortalité massive de la faune piscicole par asphyxie sur quelques kilomètres d’un linéaire de cours d’eau.

On voit donc que la pollution organique, qui peut être provoquée par des éléments ne présentant en eux même pas de dangers particuliers, peut néanmoins déséquilibrer un milieu naturel. En accélérant le développement des bactéries, elle provoque une modification des paramètres physico-chimiques du milieu dont pâtissent alors certains organismes vivants. Aujourd’hui, bien qu’il y ait de moins en moins de rejets directs de matières organiques dans les cours d’eau, cette pollution organique représente toujours un risque.

collecte des eaux usées
Une menace toujours présente
Certaines villes collectent leurs eaux pluviales dans le même réseau que leurs eaux usées. On parle alors de réseau unitaire. En cas de gros orage ou de forte pluie, la station d’épuration n’est plus en mesure de traiter toutes ces arrivées massives d’eau. Les eaux usées mêlées aux eaux pluviales sont alors rejetées directement dans le cours d’eau. Si ce type d’incident se produit en été, alors que le débit est faible et que la température de l’eau est élevée, la concentration d’oxygène dissous est au plus bas. Cet apport aussi soudain que massif de matière organique risque alors de dépasser la capacité d’autoépuration du cours d’eau. Les rivières sont donc plus sensibles à la pollution organique en été, quand il y a moins d’eau et que celle-ci est plus chaude.