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Pesticides
Cadmium, arsenic, cyanure, mercure, chrome, chlore …. La liste des produits toxiques, qui présentent un risque pour les organismes vivants, est longue. On en dénombre quelques milliers. Il convient en outre, d’y rajouter toute la gamme des produits phytosanitaires, pesticides, insecticides et autres fongicides, constitués de molécules conçues dans le seul but de détruire des organismes vivants. Avant de polluer les rivières, toutes ces substances dangereuses ont d’abord servi à fabriquer des produits industriels, à protéger les cultures ou à aménager nos intérieurs.

Par exemple, l’industrie du cuir emploie du chrome pour préparer les peaux destinées à la fabrication de vêtements. Les usines de pâte à papier ont longtemps utilisé du chlore. Certaines industries minières usent même du cyanure pour séparer les minéraux. Les colles, les vernis, les produits de traitement de bois ainsi que certains nettoyants surpuissants que nous utilisons pour décorer nos maisons contiennent aussi des éléments toxiques. Les agriculteurs ne sont pas les seuls à utiliser des insecticides. En été, nous en faisons parfois un usage immodéré pour nous protéger des moustiques.

Tous ces éléments toxiques sont entraînés dans les cours d’eau, sous forme de rejets ou de pollution diffuse. Leur conséquence varie bien évidemment en fonction de leur niveau de concentration dans les milieux aquatiques. On peut néanmoins en distinguer 3 types

Poissons morts
La stérilisation du milieu aquatique
En cas de rejets continus sur une longue durée, les concentrations importantes de toxiques provoquent la disparition progressive de la plupart des espèces vivantes. De tels phénomènes se produisent notamment en aval d’installations industrielles utilisant des produits toxiques dans leurs procédés de fabrication. Le cas le plus connu sur le Bassin Adour Garonne est celui de la pollution au chrome du Dadou.
Le second volet de cette politique de qualité de l’eau potable vise à réduire d’autres risques de pollution. Elle concerne en effet les problèmes de contamination bactériologiques, qui touchent principalement des petites communes, le plus souvent situées en zones de piémont et de montagne. Ces villages implantés au cœur d’un environnement préservé, loin des activités les plus polluantes, bénéficient d’une eau de qualité qui peut être distribuée sans traitement préalable.

La bioaccumulation
Certains produits toxiques se fixent sur les organismes vivants et s’y accumulent. Ils se concentrent dans certains tissus ou certains organes à des doses très largement supérieurs à celles mesurées dans l’eau. Ce phénomène de bioaccumulation s’amplifie à chacun des maillons de la chaîne alimentaire. Des mesures effectuées sur un lac des Etats-Unis (Clear Lake) où l’on avait utilisé du DTT pour éliminer un moucheron, ont mis en évidence ce phénomène d’intoxication de la chaîne alimentaire. Alors que le taux de toxique était de 0,014 µg dans l’eau, on a constaté une concentration de 2500 µg dans les graisses des grèbes, oiseaux situés au sommet de la chaîne alimentaire et se nourrissant de petits poissons morts. Le facteur de concentration était donc de 180 000 fois.

Menaces sur l’eau potable
La réglementation fixe à 0,5 µg/l par litre la valeur limite de la concentration en pesticides pour une eau destinée à la production d’eau potable. Le dépassement de cette valeur entraîne la mise en place de traitements complémentaires relativement coûteux ou alors l’abandon de cette ressource devenue inutilisable.