Accueil > Tous usagers, tous pollueurs
Usages domestiques, industriels et agricoles

Parfois perdue de vue, la dimension économique de l’eau est pourtant essentielle.

L’eau n’est pas seulement indispensable à notre survie quotidienne et à notre confort domestique. D’elle dépend aussi en grande partie toute notre activité économique et sociale. Car de l’eau, il en faut pour fabriquer du papier, du sucre, du lait. Il en faut aussi pour construire des maisons, des écoles, des bureaux ou pour usiner les pièces mécaniques de nos voitures ou de nos avions.

On a même besoin d’une eau de très bonne qualité que l’on va capter en profondeur, là où elle est le mieux protégée de toutes les pollutions, pour fabriquer les microprocesseurs qui font tourner nos ordinateurs et nous permettent aujourd’hui de surfer sur Internet ! De l’eau, il en faut encore et toujours, et même en grandes quantités, pour faire pousser les légumes qui agrémentent nos repas ou pour alimenter bovins, ovins, caprins et autres volailles qui nous fournissent leur lait ou leur viande!
1 Centre National de la Recherche Scientifique
SUR LES RIVES DES GRANDS FLEUVEs
L’eau, facteur de développement, de croissance et de richesse économique! On n’y pense pas vraiment quand on se promène le long des berges d’une rivière. Ni quand on ouvre un robinet et que, par ce geste aussi banal, cette eau coule à flot et nous offre tous ses bienfaits à domicile. Que l’eau intervienne ainsi au cœur de toutes les activités humaines et y joue un rôle fondamental, voilà bien une vérité première qu’il n’est sans doute pas inutile de rappeler! Pourtant, le phénomène n’a rien de nouveau.

Les premières civilisations humaines sont nées et se sont développées sur les rives de grands fleuves : le Nil, le Tigre et l’Euphrate. Et il n’y a qu’à observer une carte de France pour constater ce même phénomène partout. Les plus grandes villes, celles qui ont pris leur essor dès l’Antiquité romaine et qui se sont ensuite développées au Moyen Age, sont toujours situées au bord de l’eau.

  5 FOIS PLUS QUE LE PAYSAN MALIEN
Certes, le fait de disposer d’importantes ressources naturelles en eau n’est pas le seul paramètre intervenant dans le développement d’un pays ou d’une société. Mais il n’en est pas moins fondamental. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner qu’aujourd’hui, les plus grands consommateurs d’eau de la planète soient aussi les habitants des pays les plus riches et les plus développés.

Quand le paysan du Mali doit se contenter de moins de 30 litres par jour, nous en consommons en France en moyenne 5 fois plus, soit 150 litres, pour satisfaire nos seuls besoins domestiques. Et cette consommation ne représente en fait que 39% du total des volumes d’eau qui sont prélevés et utilisés. En Adour Garonne, où l’irrigation est particulièrement développée, la part des prélèvements pour usages domestiques est légèrement plus faible. Elle est en effet de 33%. La majeure partie de l’eau que nous consommons sert donc à l’agriculture et à l’industrie.

Cette dimension économique de l’eau, trop souvent passée en arrière plan, est essentielle. D’une certaine manière, elle est à la fois la cause et l’origine de la pollution, ce mal des temps modernes qui gangrène nos sociétés les plus avancées et nous conduit à douter des bienfaits du progrès et de la technique. Car il est vrai que notre développement économique, ainsi que nos exigences en matière de confort domestique, ont nécessité une exploitation toujours plus forte - parfois même poussée jusqu’à l’outrance - de la ressource en eau.