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D’où vient l'eau que nous consommons ?
Toute l’eau que nous utilisons provient du milieu naturel, c'est-à-dire d’un cours d’eau (fleuve, rivière), d’un lac, d’une source ou d’une nappe souterraine.

Avant de pouvoir utiliser de l’eau, il faut donc au préalable la « prélever » dans ce milieu naturel.
Cette notion de « prélèvement » est essentielle car toute l’eau prélevée dans le milieu naturel n’est pas forcément utilisée, ni consommée.

Ainsi, une part non négligeable de l’eau prélevée pour les usages domestiques est « perdue » du fait du manque d’étanchéité des réseaux d’alimentation en eau potable. De même, les plantes irriguées n’absorbent réellement qu’une petite partie de l’eau. Le reste s’évapore ou s’infiltre directement dans le sol.

Nous prélevons donc dans le milieu naturel beaucoup plus d’eau que ce dont nous avons réellement besoin et que nous utilisons vraiment. Une première façon d’éviter les gaspillages consiste donc à
ne prélever vraiment que l'eau qui nous est nécessaire !

Trois grands types d’usages
On distingue habituellement trois types d’usages :
• Les usages domestiques
Ils concernent l’eau que nous utilisons dans nos foyers et qui sert à la fois à l’alimentation et à notre confort domestique. En moyenne, chaque français consomme 150 litres par jour, parmi lesquels moins de 2 litres seulement servent à la boisson.

• Les usages industriels
Les activités industrielles sont de fortes consommatrices d’eau. Le Bassin Adour-Garonne compte 830 industriels recensés en tant que « préleveurs d’eau ». Ils utilisent autant d’eau que les 6,5 millions d’habitants qui vivent sur le Bassin.

• Les usages agricoles
Une vache a besoin de boire en moyenne 50 litres d’eau par jour. Mais c’est l’irrigation qui, en matière d’usages agricoles, consomme le plus d’eau. En Adour-Garonne, l’irrigation représente, entre les mois de mai et de septembre, 70% du total des volumes d’eau prélevés !

La répartition des usages

En France, les prélèvements se répartissent de la façon suivante(3)
La ressource en eau disponible en France est de l’ordre de 170 km3 par an, - dont 100 km3(1) hors débit moyen de crue, - directement disponibles et permettant de couvrir largement les besoins. Le total des prélèvements pour usages domestiques, industriels et agricoles représente en effet moins de 20 km3/an(2).

Avec une ressource moyenne de 3 600 m3 par an et par habitant,
la France se place ainsi parmi les pays raisonnablement riches en eau. Cependant, ces moyennes ne rendent pas compte des fortes disparités existantes entre les régions françaises. Le Bassin Adour-Garonne est régulièrement confronté à des périodes de sécheresse récurrente. Il dispose ainsi d’une ressource en eau qui peut, au cours des mois les plus chauds, s’avérer parfois déficitaire.

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Les politiques de l’eau en Europe – Bernard Barraqué – Editions La Découverte
2 Les politiques de l’eau en Europe – Bernard Barraqué – Editions La Découverte
3 Les politiques de l’eau en Europe – Bernard Barraqué – Editions La Découverte

Du fait de l’importance de l’irrigation, de la faible densité de sa population et de la présence d’industries fortement consommatrices d’eau, la répartition des usages en Adour-Garonne est quelque peu différente. La part des prélèvements domestiques est en effet moins importante que la moyenne observée sur la France. Elle est en effet de 33%.

Ces prélèvements peuvent néanmoins représenter une première forme d’atteinte et de déséquilibre des milieux aquatiques. En effet, chaque fois que nous utilisons de l’eau, d’une certaine manière
nous le faisons au détriment des poissons et de tous les organismes qui vivent dans l’eau.

Quand la ressource est abondante, l’impact de nos prélèvements peut être négligeable. Mais quand une rivière est déficitaire, quand elle est comme disent les spécialistes
« en débit d’étiage », pendant les mois d’été notamment, le fait d’y prélever de grandes quantités d’eau peut accélérer les déséquilibres et rendre le milieu plus fragile face aux atteintes de la pollution.

Rejets domestiques, industriels et agricoles
Nous n’absorbons réellement qu’une infime partie de l’eau que nous prélevons. Le reste nous sert le plus souvent à évacuer une partie des déchets générés par nos différentes activités.

Il en est ainsi quand nous tirons la chasse d’eau de nos toilettes ou que nous vidons l’eau de notre bain. Dans une industrie agroalimentaire, l’eau sert par exemple à nettoyer les produits de base ou les cuves. Dans un atelier de mécanique, elle est utilisée pour refroidir les pièces usinées. Dans tous les cas, elle doit être évacuée vers l’extérieur de la maison, de l’usine ou de l’atelier.
On parle donc de « rejets » et l’on distingue habituellement les rejets domestiques, les rejets industriels et les rejets agricoles.

- Les rejets domestiques
Ils contiennent essentiellement de la matière organique et de l’azote. On y trouve également, mais en bien moindre quantité, des déchets dangereux (médicaments périmés, fonds de produits de nettoyage et d’entretien)

- Les rejets industriels
Ils varient en fonction des activités et des procédés de production. Une industrie agroalimentaire rejette essentiellement des matières organiques alors qu’une mégisserie rejette des eaux chargées en chrome.

- Les rejets agricoles
Ils résultent des activités d’élevage, de la fertilisation et de l’utilisation de produits phytosanitaires. Les effluents d’élevages sont chargés de matières organiques et d’azote. Les pratiques non maîtrisées de fertilisation entraînent l’infiltration d’azote minéral qui se transforme en nitrate. De même, l’utilisation à outrance de produits phytosanitaires entraîne la migration, par ruissellement ou par infiltration, de produits toxiques vers les nappes phréatiques et vers les cours d’eau.

Dans tous les cas, ces rejets polluants aboutissent, soit dans un cours d’eau, soit dans des nappes souterraines, par infiltration. La mise en place de procédés de traitement permettant de réduire la charge polluante des rejets domestiques et industriels sur les milieux récepteurs est un phénomène relativement récent. La France compte aujourd’hui environ 12 000 stations d’épuration des rejets domestiques , mais un grand nombre d’entre elles n’a été construit que depuis les années 1970/1980.

Pour satisfaire l’ensemble de nos besoins, nous prélevons donc de l’eau dans le milieu naturel. Mais celui-ci constitue aussi le milieu récepteur des eaux chargées de déchets et de pollutions que nous rejetons. La figure suivante représente, de façon synthétique et schématique, ce cycle des usages de l’eau qui est à l’origine des phénomènes de déséquilibres et de pollution qui menacent notre ressource en eau.

Pollution concentrée et pollution diffuse
Ce sont donc nos rejets, résultant de nos usages de l’eau, qui sont principalement à l’origine des phénomènes de pollution.

On parle de pollution concentrée quand ces rejets sont collectés depuis leurs différentes sources jusqu’à une unité de traitement où la pollution pourra être soit éliminée, soit considérablement réduite.

On parle de pollution diffuse quand celle-ci résulte d’une multitude de pratiques et d’activités qui génèrent des rejets polluants en de multiples endroits qu’il est impossible de canaliser et de collecter.

La première peut facilement être traitée à l’aide d’un dispositif technique qui consiste à séparer l’eau de la pollution qu’elle contient avant de la rejeter dans le milieu naturel. La seconde nécessite avant tout, des changements de comportement.
Les impacts de nos prélèvements et de nos rejets sur les milieux aquatiques sont développés dans le dossier « pollution ».